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Publié le 10 juin 2016

Les travaux et les déclarations de chefs d’États, qui ont ponctué la COP21 à la fin de l’année 2015, nous amènent à nous interroger sur l’impact pour l’environnement de l’écosystème des moyens de communications mobiles et de notre cher smartphone en particulier.

En 2009, le cabinet AT Kearney avait édité une note*, sur les opérateurs téléphoniques, disant qu’une heure de conversation à l’aide d’un mobile générait autant de consommation énergétique qu’un programme de machine à laver le linge à 40° ! En extrapolant, sur la base de la consommation d’un opérateur européen, l’émission de CO2 générée par les 3,5 milliards de téléphones portables, en circulation dans le monde aujourd’hui, s’élève à 40 millions de tonnes, soit l’équivalent de 21,5 millions d’automobiles de petite cylindrée. La note d’AT Kearney prévoyait qu’à l’horizon 2020 il y aurait 4,8 milliards d’abonnés à un réseau de téléphonie mobile dans le monde. Le « Ericsson Mobility Report », paru en novembre 2015**, prévoit maintenant qu’en 2021 il y aura dans le monde 9,1 milliards d’abonnés à un réseau mobile, soit près de deux fois plus que la prévision de 2009 ! Chaque seconde, 20 nouvelles souscriptions à des réseaux mobiles sont activées ! Le trafic de données sur les réseaux mobiles était 65% plus fort à la fin du 3ème trimestre 2015 par rapport à la même période de 2014, augmentation essentiellement due à l’échange de vidéos. L’explosion du trafic de données intervenue depuis 2009 va devenir exponentielle, ce qui a un impact évident sur la consommation d’énergie dans le monde. Il convient donc de découpler la consommation d’énergie, de cette augmentation exponentielle du trafic de données, pour améliorer la performance énergétique de la téléphonie mobile. La solution réside dans des réseaux plus intelligents, qui permettraient de passer d’une consommation moyenne mondiale actuelle de 2 kWh par gigaoctet de données transférées à une moyenne de 0,25 kWh en 2021, soit une division par 8 ! Indépendamment de l’impact que peut avoir pour la planète une surconsommation de matériel mobile (changements de matériels fréquents, recyclage, etc.), la simple utilisation du téléphone mobile a un impact non négligeable. Actuellement, le taux de pénétration des mobiles en Europe est de 109% alors qu’il n’est que de 60% en Afrique ; on donc peut mesurer la courbe de croissance de ce marché, la couverture de réseaux mobiles et l’incidence sur la consommation d’énergie qui va avec.

Certaines innovations testées par certains opérateurs, dont Google et son projet « Loon for all »***, seraient de nature à économiser l’énergie de la planète tout en augmentant la couverture mondiale du haut débit d’internet, par l’utilisation de ballons ou de drones à énergie solaire. Pour répondre à une problématique consumériste et de déploiement de réseaux, de nouveaux modes de déploiement pourraient aussi répondre à une problématique environnementale.

De son coté, la 5G va permettre de mieux optimiser les ressources comme nous l’avions évoqué dans un précédent post (Internet des objets : réseau dédié ou convergence ?) et comme nous y reviendrons dans un prochain post.

* https://www.atkearney.com/documents/10192/d3e4ca69-216c-4a0e-b028-29e3fe0a8c0b

** http://www.ericsson.com/res/docs/2015/mobility-report/ericsson-mobility-report-nov-2015.pdf

*** https://www.google.com/loon

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